La pomme et le couteau

de Aziz CHOUAKI

mise en scène Adel HAKIM

vidéo Michaël DUSAUTOY

avec

Michaël DUSAUTOY, Le Professeur Porot, Cotillon,

Malik FARAOUN, Barnabé, Nasser

Raymond HOSNI, Ali, Kouider

M’hamed KAKI, Ramdane

Michel QUIDU, Le Préfet, François

Lara SUYEUX, Sylvie

Production : Les Petits Ruisseauxen coproduction avec le Théâtre des Quartiers d'Ivry et la Ville de Nanterre. En partenariat avec le collectif Daja et l' association Les Oranges.

Avec le soutien du Conseil Régional d’Île-de-France (participation citoyenne et démocratique en Ile-de-France), de l’IRIS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales).

Remerciements à Amin PEREZ.

Contact : Martine Derrier (Les petits Ruisseaux) 01 49 59 93 69 / 06 81 13 69 68 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  site : www.lespetitsruisseaux.com

Informations complémentaires sur www.daja.fr et www.lesoranges.com

PROCHAINES DATES DE LA LECTURE-SPECTACLE

 A l'automne 2011

Ce projet a reçu l’intérêt du crips, de la Ville de Bagnolet, de la Ville d’Ivry-sur-Seine, de la Ville du Blanc Mesnil, des CEMEA, des Amandiers de Nanterre, de La Maison des Métallos, de Fleur de canne 1973, de la Fol 93, de la Maison des initiatives citoyennes de Nanterre, de l’Espace Jemmapes

 

Synopsis


17 octobre 1961. Le FLN organise une manifestation pour protester contre la guerre d’Algérie et le couvre-feu imposé aux Algériens de France. Les habitants algériens du bidonville de Nanterre y participent massivement. Pour eux c’est une manière de "relever la tête", de défendre leur dignité et d’alerter l’opinion publique française sur leur désespoir. "Terrorisés. Nous vivons une existence terrorisée", dit un de ces ouvriers.
Et c’est encore par la terreur et le massacre que répondra la police dirigée par le préfet Maurice Papon. Plusieurs centaines de victimes, morts ou disparus, et des milliers de blessés.
Braquer les projecteurs sur cet événement, c’est éclairer une des pages les plus noires de l’histoire de France.

I  - LE PROJET

Note de l'historien

Le 17 octobre 1961, la manifestation organisée par le FLN pour protester contre la guerre d’Algérie et le couvre-feu imposé aux Algériens de France est violemment réprimée par le préfet de police Maurice Papon. La répression fera plusieurs centaines de victimes.

Dans le cadre des événements prévus pour commémorer le cinquantenaire de cette page sombre de l’histoire contemporaine de la France, l'association Les Oranges de Nanterre, le collectif DAJA, et des comédiens du théâtre des Quartiers d’Ivry dirigé par Adel Hakim, ont décidé de travailler ensemble sur un projet de spectacle consacré à cette tragédie.

En braquant les projecteurs sur la communauté algérienne du bidonville de Nanterre, on se propose de mettre en relief les raisons qui ont incité ces travailleurs immigrés à participer massivement à cette manifestation. Dans le reportage publié par France-Observateur le 9 novembre 1961, Marguerite Duras avait demandé à un ouvrier algérien de ce bidonville de lui résumer sa vie et celui-ci avait répondu : « Terrorisés. Nous vivons une existence terrorisée ». Pour les Algériens de Nanterre, participer à cette manifestation interdite par la police était une manière de « relever la tête », de défendre leur dignité et d’alerter l’opinion publique française sur leur désespoir. Malgré la féroce répression policière, ce cri sera entendu. C’est grâce à la manifestation du 17 octobre 1961 que les Français découvrent l’existence des bidonvilles et l’existence de parias que mènent les immigrés.

Gérard Noiriel

 

Note du metteur en scène

17 octobre 1961. Trente mille Algériens, souvent en famille, manifestent pacifiquement à l’appel du FLN dans les rues de Paris contre le couvre-feu raciste qui leur est imposé par le préfet de police, Maurice Papon, et le gouvernement.

Une répression d’une férocité inouïe s’abat sur eux. La police tire sur les cortèges. Quinze mille manifestants sont arrêtés et parqués dans des stades. Rafles, passages à tabac, ratonnades, assassinats, tortures.

Les estimations sérieuses parlent de près de trois cents mort. Autrement dit, des manifestants pacifiques identifiés par l'administration comme "des Français musulmans" ont été, pour avoir osé s'élever contre un couvre-feu discriminatoire qui ne concernait qu'eux, massacrés et jetés à la Seine.

Relater ces faits qui se sont produits à Paris et en banlieue parisienne n'est pas une chose simple. Ce n'est pas simple car en une nuit se cristallise toute une partie de l'histoire de France impliquant des personnages liés à l'occupation nazie tout autant qu'à la colonisation.

Ce qui nous intéresse ici, c'est, à travers un théâtre des idées, de retracer le processus qui conduit à un massacre. Ce processus remonte à 1830 lorsque la France colonise l'Algérie et s'y installe par la force.

On ne connaît pas le nombre exact de "disparus" (c'est-à-dire d'assassinés) puisque les archives relèvent jusqu'à ce jour (et jusqu'en 2021) du secret d'Etat et qu'aucune plainte n'a été portée (si elle avait été portée, elle n'aurait pas été enregistrée par la police) par les familles de ces travailleurs, immigrés et solitaires, familles qui se trouvaient souvent dans des villages d'Algérie en pleine guerre d'Indépendance.

Le silence est ordonné, l’oubli organisé. La date même du 17 octobre effacée des consciences et de l’histoire.

Sachant que le gouvernement français actuel revendique "les bienfaits de la colonisation", on comprendra que toute la vérité sur la nuit du 17 octobre 1961 n'est pas prête à surgir à la lumière.

Adel Hakim

 

Note de la Production

Les Disparus d'une nuit d'octobre aborde l’un des événements les plus tragiques de l’histoire de la France contemporaine : la répression sanglante de la manifestation du 17 octobre 1961, qui fit plusieurs centaines de morts parmi les immigrés algériens venus protester contre le couvre-feu du préfet de police : Maurice Papon. Malgré cette violence, le peuple algérien a relevé la tête et a trouvé plus tard son indépendance.

Nous avons demandé à Aziz Chouaki d'écrire le texte en prenant appui, notamment, sur les écrits d'Abdelmalek Sayad et de Jean-Luc Einaudi.

Une résidence artistique a eu lieu à Nanterre et une première restitution publique du projet a été donnée le 28 mai à 14h30 et le 29 mai à 17h suivie d'une rencontre avec le public, animée par Gérard Noiriel en présence de Gilles Manceron (Ligue des Droits de l'Homme).

Nous souhaitons proposer cette forme lecture en jeu à d'autres municipalités dans n'importe quelle structure pouvu que la fiche technique (légère ) puisse être respectée.

Martine Derrier

 

Note des Oranges

Dimanche 17 Octobre 2010 à 11h en face de la préfecture de Nanterre devant la plaque commémorative, nous serons au rassemblement avec le Maire de Nanterre, des associations et tous ceux qui le souhaitent, pour rendre hommage aux 300 Algériens massacrés le 17 Octobre 1961 lors d’une manifestation pacifique à Paris, par la police sous les ordres du Préfet de Paris Maurice PAPON.

MEMOIRE DE LA DIGNITE

Le 17 Octobre 1961, les Algériens de la région parisienne manifestaient pacifiquement contre le couvre feux raciste qui leur était imposé par la préfecture. Durant cette période, la violence raciste était courante contre les supposés « Algériens » que ce soit dans l’espace public par les forces de l’ordre dans les commissariats ou à la sortie des usines par les supplétifs des dominants. Les Algériens subissaient la double peine par le fait d’être des travailleurs non reconnus dans cette identité de prolétaire et celle d’ être considérés comme des indigènes ennemis de l’intérieur et de l’extérieur.

Leur lutte en ce 17 Octobre 1961 est exemplaire compte tenu du contexte de l’époque. Ils luttaient pour leur dignité et pour laisser les traces d’une mémoire de la dignité aux générations futures.

NANTERRE FIEF HISTORIQUE DE LA MEMOIRE DE COMBAT DES ALGERIENS

Nanterre depuis les années 1920 a connu la présence des Algériens qui s’établirent en intégrant très tôt la dimension des luttes syndicales et politiques comme en témoigne la création du parti du peuple Algérien (PPA) de MESSALI Hadj dans un café de Nanterre en 1937. C’est dans cette histoire de combat pour l’émancipation que les Français Héritiers de l’immigration coloniale s’identifient pour que s’inscrive dans les manuels scolaires, l’histoire des combats pour la liberté de leurs parents, car cette histoire fait partie intégrante de l’histoire de France. Nous sommes donc loin de la mémoire du pathos et du misérabilisme fabriquée par les faiseurs d’opinion omnipotents dans l’espace médiatico-politique.

POUR UN AVENIR COMMUN CONSTRUIT SUR LE RESPECT DE TOUS

Le peuple Français n’est ni responsable du massacre des Algériens le 17 Octobre 1961 à Paris, ni dans la guerre d’Algérie et les autres guerres coloniales. Les Français Héritiers de l’immigration coloniale ne demandent pas la repentance, ils souhaitent la reconnaissance par l’Etat, car c’est lui qui au nom des Français est responsable du massacre des Algériens dans la ville des lumières ce 17 Octobre 1961. La reconnaissance permettra la construction de nouveaux liens d’amitié et de confiance entre le peuple Algérien et Français.

UN BOULEVARD POUR L’AVENIR DE NANTERRE.

Après la plaque commémorative des victimes du 17 octobre 1961 devant la préfecture de Nanterre en 2003 par la ville, le nouveau maire M. Patrick JARRY a proposé au conseil municipal : Le Boulevard 17 Octobre 1961 qui sera inauguré le 17 Octobre 2011 le long de la préfecture de Nanterre. Nous saluons le Maire de Nanterre et les Elus qui ont voté ce projet inédit en France qui s’inscrit clairement dans la reconnaissance de la mémoire de combat des victimes du massacre d’état du 17 octobre 1961. Cependant nous devons rappeler que ces projets sont aussi le résultat de la mobilisation des associations militantes de Nanterre depuis de nombreuses années.

M’hamed Kaki


Abdelmalek SAYAD : quelques mots de présentation


Abdelmalek SAYAD est né en 1933 à Aghbala, commune de Beni Djellil en petite Kabylie, région berbère du nord de l'Algérie. Entré à l'école à l'âge de sept ans, il fait ses études primaires dans son village natal. Il poursuit ses études au lycée de Bgayet (Bougie), puis à l'école normale de Bouzareah à Alger. Nommé instituteur à l'école du quartier Barberousse dans la casbah d'Alger, il complète sa formation à l'université d'Alger où il fait la rencontre de Pierre Bourdieu. En 1963, il s'installe en France. D'abord vacataire à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), il intègre le CNRS en 1977. Abdelmalek SAYAD est mort le 13 mars 1998.

Son œuvre se prête particulièrement bien à une démarche artistique. C’est un sociologue qui a toujours accordé un grand soin à l’écriture. Il a notamment traduit en français des poèmes ou chansons kabyles, ce qui l’a parfois fortement rapproché de l’écriture théâtrale (cf. par exemple la chanson « A madame, encore à boire » de Slimane Azem, traduite et présentée à la manière d’une scène de théâtre à trois personnages). Plus généralement, grâce aux entretiens et aux documents écrits qu’il a publiés (comme ces « lettres de femmes » envoyées par des mères et des épouses à leurs enfants émigrés en France), SAYAD a peuplé sa sociologie de personnages qui illustrent toutes les facettes de la condition d’émigré/immigré. Certains de ces textes ont d’ailleurs déjà été mis en scène au théâtre (cf. notamment les extraits de la Misère du monde montés par Dominique Féret ou Didier Bezace).

SAYAD affirmait souvent : « exister, c’est exister politiquement ». Tel est l’un des principaux messages qu’il a voulu faire passer à la génération suivante pour inciter les jeunes à prendre en main leur propre destin, pour les pousser à agir au lieu de s’enfermer dans une posture de victime. Intellectuel épris de vérité, il était animé par un « désir passionné de savoir » pour comprendre le monde « et se comprendre lui-même » (Bourdieu). C’est ce qui l’a conduit à refuser toutes les formes d’assignation identitaire, et les discours de repli à l’intérieur de la culture d’origine.

Jean-Luc Einaudi

Jean-Luc Einaudi est un historien français.Il a témoigné en 1997 devant la Cour d'assises de Bordeaux, sur le massacre des Algériens du 17 octobre 1961, lors du procès de Maurice Papon pour son action de 1942 à 1944

La question des archives et le massacre de 1961

A la recherche de preuves judiciaires du massacre des Algériens du 17 octobre 1961, Jean-Luc Einaudi dépose le 8 février 1998 aux Archives de Paris une demande de dérogation pour accéder aux registres d'information du parquet.

Attaqué en diffamation par Papon

Le 20 mai 1998, Jean-Luc Einaudi écrit dans Le Monde: « En octobre 1961, il y eut à Paris un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Maurice Papon » En juillet 1998, Papon porte plainte pour diffamation envers un fonctionnaire public. « Pour préparer sa défense, Jean-Luc Einaudi compte sur les documents officiels dont il a demandé communication trois mois plus tôt aux Archives de Paris. Le directeur des Archives de Paris, a effectivement transmis sa demande au procureur de la République, assortie d'une mise en garde " sur l'opportunité de lui réserver [...] une issue positive " (12 février) ! C'était solliciter un refus ».

Faute de pouvoir produire des documents écrits attestant de la responsabilité de la préfecture de police, dirigée par Maurice Papon en octobre 1961, l'historien sollicite le témoignage de deux conservateurs des Archives de Paris, qui acceptent et témoignent, l'un par écrit et l'autre à la barre, les 4, 5, 11 et 12 février 1999. Maurice Papon, présent, est défendu par l'avocat Jean-Marc Varaut, et fait témoigner en sa faveur entre autres l'ancien Premier ministre Pierre Messmer, tandis que Jean-Luc Einaudi fait venir à la barre des témoins directs des événements de 1961. Le 26 mars 1999, Maurice Papon est débouté de sa plainte et l'historien relaxé au bénéfice de la bonne foi.

Deux archivistes sanctionnés pour avoir témoigné

Les deux archivistes qui ont témoigné expliquent ainsi la situation: « En charge des séries des archives judiciaires aux Archives de Paris depuis vingt-cinq ans, nous avons effectivement accès aux documents dont Jean-Luc Einaudi a besoin pour assurer sa défense face à Maurice Papon, mais nous ne pouvons pas les lui communiquer puisqu'il n'a pas obtenu la dérogation nécessaire. La seule solution permettant de conjuguer le respect de la déontologie de notre profession et notre conscience de citoyen, est donc d'accepter d'être cités comme témoins.

Nous ne pouvions passer sous silence l'existence des documents dont nous avions assuré le versement, le classement et la conservation, sachant que, face à la thèse défendue par Maurice Papon, ces documents apportaient la preuve incontestable du massacre opéré à Paris par les policiers le 17 octobre 1961 et les journées et semaines suivantes. Nous taire eût été commettre une faute au regard du code international de déontologie des archives. Nous avons toujours considéré que notre mission de conservateurs du patrimoine était à la fois technique et politique. »

Les deux fonctionnaires sont sanctionnés pour leur témoignage par une mise à l'écart complète, se voyant retirer par notes de service du directeur des Archives de Paris leurs activités et équipements de bureau, interdire tout contact avec le public, etc.

Aziz Chouaki est un écrivain algérien francophone. Il est né en 1951 à Alger et est diplômé de littérature anglaise à l’université d’Alger.

Romancier et dramaturge, son théâtre est fréquemment joué en France et à l'étranger.

Bibliographie

  • Baya (éd. Laphomic, Alger, 1989)

  • Fruits de Mer (Radio Suisse Romande, 1993)

  • Les Oranges (TILF, La Villette, 1997)

  • Aigle (Gallimard, 2000)

  • El Maestro 2001 (Théatrales)

  • Avoir vingt ans à Alger 2001 (éd. Alternatives)

  • L'Etoile d'Alger (éd. Balland, 2002)

  • Arobase (éd. Balland, 2004)

  • Une virée (Théatrales, 2005)

  • Les coloniaux (Mille et une nuits, 2009)

II - LA COMMEMORATION DU 17 OCTOBRE 1961

La répression de la manifestation pacifique organisée le 17 octobre 1961 par le FLN contre la guerre d’Algérie a causé la mort de plus de 120 travailleurs algériens, dont beaucoup habitaient Nanterre, dans ce qui était alors le plus grand bidonville de France. En se plaçant dans une perspective plus large, on peut rappeler que le Parti du Peuple Algérien (PPA) de Méssali Hadj a été créé, en 1937, dans un café algérien de Nanterre et déclaré à la préfecture de Seine et Oise. Enfin c’est à Nanterre que le mouvement des Français héritiers de l’immigration coloniale s’est organisé en collectifs nationaux dans les années 1980 (cf. notamment la Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme)

La commémoration du cinquantenaire du 17 octobre 1961 a donc une importance toute particulière pour les Nanterrois. Elle a aussi une haute valeur symbolique et politique pour tous les Français héritiers de l’immigration coloniale et au-delà pour l’ensemble des Français, car cet événement est aujourd’hui inscrit dans la mémoire collective nationale, après avoir été longtemps refoulé.

En dehors du projet SAYAD, plusieurs autres initiatives sont prévues à Nanterre, pour marquer cet événement, notamment l’inauguration du boulevard « 17 octobre 1961 », ainsi qu’un colloque qui réunira des historiens, des témoins, des journalistes et des personnalités du monde associatif et politique.

III - PORTEURS DU PROJET

Convaincus que la transmission de la mémoire demande aujourd’hui de nouveaux outils et des alliances inédites pour service efficacement l’intérêt général, la ville de NANTERRE. Les associations DAJA, LES PETITS RUISSEAUX et LES ORANGES veulent associer leur intelligence pour construire un projet à la hauteur de l’événement de 2011.

*LES ORANGES

Création : en janvier en janvier 2004. Suite à l’année de l’Algérie en 2003, au colloque « Mémoires Algériennes » et à la création de la pièce de théâtre « LES ORANGES » de l’auteur Aziz CHOUAKI, dans le cadre d’un appel à projet initié par M’hamed KAKI qui avait déjà initié, un travail de transmission mémorielle au quartier du Chemin de l’Ile à Nanterre depuis Mars 1998, en partenariat avec des chercheurs de l’université Paris 8.

  • Les actions de l’Association LES ORANGES : Le domaine de l’Association LES ORANGES est en priorité l’action culturelle à travers le théâtre, les ateliers d’écritures, les conférences/débats et les langues (cours d’arabe littéraire).
  • L’enjeu de la transmission de l’histoire : Le travail que tente de mettre en place LES ORANGES s’inspire du mouvement d’éducation populaire avec la dimension centrale des rapports sociaux, mais aussi, la dimension socio-historique de l’histoire coloniale de la France. Ainsi, la transmission du savoir socio-historique est un enjeu de sens, d’éducation pour les Français Héritiers de l’immigration coloniale, mais aussi, pour tous les Français dans la mesure où l’histoire coloniale fait partie intégrante de l’histoire de France.
  • L’enjeu de construction d’un NOUS politique : LES ORANGES sont résolument tournées vers la construction du collectif de l’avenir et du présent. En faisant un détour socio-historique, l’objectif est de s’appuyer sur tout ce qui peut augmenter le volume narcissique des citoyens des quartiers populaires.

LES ORANGES sont en rupture avec une certaine grille de lecture mémorielle du pathos, qui contribue à augmenter la marginalité des citoyens qui sont déjà accablés par le racisme, le chômage et la stigmatisation. À travers la construction d’une alliance entre les artistes, les militants associatifs et les chercheurs en sciences sociales, nous souhaitons l’émergence d’un Nous collectif et politique.

Travailler la sensibilisation culturelle, artistique et socio-historique, c’est travailler dans la durée :

LES ORANGES, depuis leur création, se sont toujours inscrites dans un travail de sensibilisation par l’action culturelle et l’aide des sciences sociales dans une dynamique inscrite dans la durée et la régularité.

Le partenariat avec les lieux de productions culturelles se veut dépasser les actions de « l’exception » qui malgré leurs bonnes intentions, peuvent avoir des schémas inconscients de type « folkloriques » misérabilistes ou exotiques.

L’exemple du travail fait sur le Sociologue Abdelmalek SAYAD : hommage 2003, plusieurs conférences/débat à l’agora, livre « Mémoires Algériennes » ainsi que la mobilisation nationale pour le collège A.SAYAD suivi d’une inauguration symbolique et d’un documentaire sur la mobilisation pour le sociologue ont permis à de nombreux citoyens d’être sensibilisés sur l’auteur mais aussi, sur l’enjeu symbolique que représente le Savant, pour l’augmentation du volume narcissique des habitants des villes populaires.

Depuis Janvier 2004, LES ORANGES ont réalisé 66 conférences-débats traitant de l’histoire coloniale, de la discrimination en politique et de l’histoire du 17 Octobre 1961.

Plusieurs ateliers de théâtre et un cours d’arabe littéraire réguliers, il est à noter que pour ce dernier, sa construction s’est faite sur demande de nos adhérents d’avoir un cours d’arabe littéraire laïc.

Enfin, le partenariat avec les Associations DAJA et LES PETITS RUISSEAUX ont permis de réaliser la pièce de théâtre « Chocolat » qui a eu un succès national et va être jouée à Nanterre en 2010. C’est dans cette dynamique historique de l’Association LES ORANGES et du partenariat avec les Associations DAJA et LES PETITS RUISSEAUX, que nous envisageons de poursuivre le travail avec la ville de Nanterre en vu de l’inauguration du Boulevard 17 Octobre 1961.

 

*LE COLLECTIF DAJA

L’association DAJA(présidée par l’historien Gérard NOIRIEL, directeur d’études à l’EHESS), a été créée en 2007 par des artistes du spectacle vivant, des chercheurs en sciences sociales et des militants associatifs dans le but de renouer avec les principes fondateurs du théâtre public. Depuis toujours, en effet, le théâtre s’est donné pour mission de lier la raison et l’émotion pour transmettre aux spectateurs (et avant tout à ceux qui n’ont pas l’habitude de lire des ouvrages savants) des connaissances susceptibles de les aider à « mieux se débrouiller dans la vie », comme disait Bertolt Brecht. Malheureusement cet idéal n’a plus le vent en poupe aujourd’hui parmi les élites. Le fossé entre le monde de la recherche et celui des artistes ne cesse de se creuser et les liens avec les milieux populaires sont de plus en plus ténus.

Le principal objectif de l’association DAJA est de lutter contre ces replis corporatistes. Nous voulons inciter les artistes du spectacle vivant à prendre enfin en compte, dans leurs créations, mais aussi dans leur réflexion sur l’avenir de leur métier, les connaissances produites par les Sciences de l’Homme et de la Société. Inversement, DAJA veut convaincre les chercheurs que le spectacle vivant peut les aider à transmettre leur savoir dans des langages accessibles à tous les citoyens.

 Pour concrétiser cette démarche, nous avons commencé à construire un réseau réunissant des chercheurs, des artistes et des militants associatifs qui partagent nos préoccupations. Le développement de ce réseau se fera grâce à la création d’un site Internet, grâce à des échanges réguliers (séminaire, université d’été, etc.) et surtout grâce à la mise en œuvre de projets communs. Comme le montrent les premières initiatives que nous avons lancées, DAJA entend fonctionner à la fois comme un espace de création artistique, un collectif d’écriture théâtrale et de recherches scientifiques, et une structure originale d’éducation populaire.

 

*LES PETITS RUISSEAUX

L’association LES PETITS RUISSEAUX s’est donnée comme principal objectif de favoriser la création de projets innovants dans le domaine du spectacle vivant, d’aider à leur production et à leur diffusion tout en mutualisant les dépenses des compagnies et des projets. Depuis sa création (1996), l’association LES PETITS RUISSEAUX a soutenu un grand nombre de projets ayant pour but de lutter contre les discriminations (cf. document joint). Elle a contribué à la lutte contre le racisme en diffusant le spectacle de clowns de la compagnie Allium Théâtre, intitulé « Sale boucan », centré sur les violences xénophobes qui se sont produites en Andalousie en février 2000.

 LES PETITS RUISSEAUX se sont également beaucoup impliqués dans le combat contre la ségrégation à l’égard des comédiens partiellement invalides. L’association accompagne depuis de longues années la Compagnie « Le 3e œil », qui regroupe des comédiens valides et des comédiens à mobilité réduite. Plusieurs spectacles de cette compagnie, mis en scène par Philippe Adrien, ont eu un grand impact dans l’opinion (notamment les adaptations du « Malade imaginaire », du « Procès », et de « Don Quichotte »).

Depuis deux ans, l’association LES PETITS RUISSEAUX accueille en son sein, le collectif DAJA qui rassemble des chercheurs (historiens, sociologues, anthropologues) et des professionnels du spectacle vivant, désireux de promouvoir des projets artistiques en liens avec les questions sociales actuelles.

LES PETITS RUISSEAUX sont à l’initiative de la conférence-spectacle Chocolat. Ils ont demandé à Jean-Yves Pénafiel de réaliser la mise en scène et ont choisi avec son aval l’ensemble des comédiens et intervenants du spectacle. A l’avenir d’autres projets auront lieu avec d’autres metteurs en scène et artistes. Comme pour la diffusion des spectacles, LES PETITS RUISSEAUX souhaitent décloisonner les réseaux et faire travailler ensemble des gens qui n’y auraient pas pensé.

LES PETITS RUISSEAUX développent également une activité Internet avec deux portails d’actualités théâtrales : www.theatre-enfants.com et www.revue-spectacle.com
Direction de production : Martine DERRIER