Reconnaissance frauduleuse

de Gérard NOIRIEL




Les personnages


L’enfant de père inconnu
Giang, première épouse de Hùng
Châu, deuxième épouse de Hùng, mère de l’enfant de père inconnu
Hùng, lettré vietnamien, puis chef du parti communiste de Saïgon sous le nom de Dan Tam
Antoire Guérini, adjudant de gendarmerie, puis chef de la police politique de Saïgon
Richard Grognet, brigadier de gendarmerie, puis membre de la police politique de Saïgon
Maurice Vermeulen, légionnaire
Bujot, colon
Raoul Spitzer, juge à Saïgon
Marianne Spitzer, épouse de Raoul Spitzer
Deux indigènes
Deux militants communistes vietnamiens
Un travailleur immigré




Prologue

L’enfant de père inconnu
Le personnage  porte un masque.


L’enfant de père inconnu
Français ! Oui. Français ! Je suis français! Un vrai Français ! Un Français par la race ! Ah ! Ah ! Ah ! Français par la race ! Par la race !


Voix off  
(Le document d’archive est projeté sur un écran, en même temps qu’une voix anonyme le lit)
« Acte de reconnaissance de la qualité de Français. 25 mars 1937.
Le tribunal de Saïgon accorde la nationalité française à Monsieur Cu Lùn, désormais Jules Léon, né de père légalement inconnu, mais d’origine et de race françaises. Le présent jugement sera transcrit sur les registres de l’état civil français et tiendra lieu d’acte de naissance ».

(Noir)



Scène 1
Giang, Châu, Hùng.


Une paillote dans un faubourg de Saïgon, au début de l’année 1937. Châu est debout près de la porte, elle prépare les gâteaux pour la fête du Têt. Elle est habillée comme les femmes du Nord de l’Indochine : cheveux enroulés en un long ruban la coiffant d’une couronne, vêtue d’un càï-ao noir. Hùng est à l’autre extrémité de la pièce. Assis à son bureau, il tourne le dos à Châu. Devant lui, des livres, des pinceaux et un calicot rouge. Il porte l’habit traditionnel des lettrés vietnamiens. Les spectateurs entendent les rumeurs de la ville et le vent qui porte le murmure d’une voix de femme, celle de Giang (que l’on ne voit pas). De temps à autre, le cri plaintif du do quyen ( l’oiseau des marais) vient déchirer ce décor sonore.


Voix de Giang (gémissante et comme soufflée par le  vent)
Me Tây ! Con Laï ! Me Tây ! Con Laï !

Châu (à voix basse, en se penchant discrètement vers l’embrasure de la porte)
Menteuse ! Giang ! Menteuse !

Hùng (il feuillette un livre, à la recherche d’une citation)
Ca y est ! Cette fois, je crois que j’ai trouvé ! « Ce n’est pas la vérité qui grandit l’homme ; c’est l’homme qui grandit la vérité ». L’homme, la grandeur, la vérité. A mon avis, çà devrait lui plaire.  (Il commence à calligraphier le calicot).

Châu (toujours à voix basse)
Cesse de gémir comme çà. Hùng ne veut pas voir Giang ce soir!

Hùng
Après tout, Confucius, çà vaut bien Voltaire ou Victor Hugo, non ?

Châu (toujours à voix basse)
Giang. Il faut partir maintenant ! Vite !

(On perçoit alors distinctement le cri plaintif du do quyen).

Hùng  (se tourne vers Châu et lui demande sur un ton angoissé)
Tu as entendu ?

Châu (se redresse  brutalement et se plaque contre la porte)
Entendu ? Non. Rien entendu.

Hùng
La porte est bien fermée ? Tu es sûre ?

Chaû
Oui. Bien fermée, bien fermée.

Hùng
C’est le do quyen, l’oiseau du marais. Je ne supporte plus son cri plaintif. Le peuple croit que c’est l’âme de l’empereur Thuc qui erre dans le monde des Ténèbres pour retrouver son Royaume. Mais le chant du do quyen, c’est la souffrance de l’homme. La souffrance de l’homme qui a perdu la reconnaissance des siens. Tu es une femme, Châu. Tu ne peux pas comprendre. La soif de reconnaissance, elle n’épargne aucun homme, crois moi. Qu’il soit Blanc ou Jaune, riche ou pauvre, elle hante nos jours et nos nuits. Elle nourrit les folles espérances de la jeunesse et l’amertume de la vieillesse. Nous, les lettrés du Viet Nam, bien plus qu’un royaume, c’est notre dignité et notre honneur que nous avons perdus. Quand j’entends le do quyen, c’est comme une flèche qui me transperce le cœur. Pendant 4000 ans, notre peuple a vécu libre sur cette terre. Cent fois, nous avons été attaqués, occupés, violentés. Mais nos aïeux ont toujours repoussé l’envahisseur. Toujours, tu m’entends. Même les Chinois ont été chassés d’ici, il y a mille ans. Hélas, nous, nous n’avons pas été dignes de nos ancêtres Châu. Les Blancs nous ont volé notre terre. Ils nous ont privés de notre liberté. Nous sommes devenus leurs esclaves et la honte s’est abattue sur nous. « Déshonneur », « déshonneur », voilà ce que crie le do quyen quand il prend son envol.

(Hùng cite deux vers d’un poème vietnamien)
« L’eau qui coule ne peut plus emporter ma détresse
Ni l’herbe embaumée dissiper ma douleur ».

Cà ne peut plus durer ainsi Châu. Je dois partir. Il le faut.

Châu
Non. Pas partir. Hùng ne peut pas laisser famille, enfant, travail, pour aller en France.

Hùng
Travail ? Quel travail ? Avec ma licence, je suis tout juste bon à faire le tay dô à Saïgon. Apprendre la calligraphie à des paysans illettrés pour 50 piastres par mois, alors qu’un gratte-papier blanc qui n’a même pas le bac en gagne 300. C’est çà mon destin ?

Châu
A Saïgon, trop de chômeurs. Hùng a un travail. Faut pas laisser le travail. « Bon bois vaut mieux que jolie couche de laque ! » (Elle crache une chique de bétel dans un sceau).

Hùng (retire ses lunettes de rage et avance vers elle en criant)
Je t’ai déjà dit mille fois de ne plus chiquer le bétel dans cette maison. Ces coutumes de niaqués, ça suffit ! Tu comptes chiquer le bétel devant lui ?

Châu (le retient pour l’empêcher d’atteindre la porte)
Hùng doit rester calme ce soir. Il ne faut pas offenser les esprits, la nuit du Têt.

Hùng (retourne à son bureau pour continuer à peindre le calicot)
C’est vrai. L’esprit doit rester serein quand le cœur s’enflamme. Mais cette bourse, il me la faut tu comprends. « Le premier qui franchira le seuil de ta maison la nuit du Têt pourra exaucer tes vœux ». C’est ce que dit la coutume. C’est pour cela que je l’ai invité. Grâce à lui, j’aurai la bourse et je deviendrai docteur. Mon père pourra alors être fier de moi (silence). Tu te souviens du nom qu’il m’a donné sur son lit de mort ?


Châu
Dan Tâm.

Hùng
Oui, Dan Tâm : « Cœur vaillant ». « Le poète a dit : peu importe la mort. Ce qui compte c’est de laisser un cœur vaillant qui brillera dans les livres d’histoire ». Ce sont les dernières paroles de mon père. Mais çà veut dire quoi aujourd’hui, « Cœur vaillant » ? Ca veut dire quoi « briller dans les livres d’histoire »? Prendre sa machette pour attaquer des avions, comme mon frère ?

Châu
Hùng veut le diplôme des Blancs. Mais le parchemin ne change pas la couleur de la peau.

Hùng
Confucius nous a donné la sagesse. Les Français possèdent la science. Quand nous maîtriserons leur science, nous serons les plus forts. Et à ce moment-là, pfffuit (Il fait un geste de la main comme s’il repoussait quelqu’un). Dehors les Français. De-hors ! Pour toujours ! (Il regarde la pendule). Oh la, la. Dépêchons nous. Il va bientôt arriver (Il se rassoit et reprend sa calligraphie).

Voix de Giang
Me Tây ! Con Laï ! Me Tây ! Con Laï !

Hùng (se redresse brutalement)
Tu as entendu ? C’est la voix de Giang ! Elle n’a rien à faire ici. Dis lui de partir.

Châu (d’une voix forte)
Hùng a dit : Giang doit partir, partir maintenant. Vite !

Voix de Giang
Me Tây ! Con Laï ! Me Tây ! Con Laï !

Hùng
Que dit-elle ? Je ne comprends pas.

Châu
Giang est une menteuse.

Hùng
Je suis vraiment lassé de vos stupides querelles de femmes. Le temps presse. Fais la paix avec Giang.

Châu
Châu ne peut pas faire la paix avec Giang.

Hùng
Je te rappelle que tu n’es que la concubine ici. Si tu es là ce soir, c’est uniquement parce que tu parles un peu le français. Il faut montrer à notre invité que nous sommes une famille unie, qui aime la France. Tu m’entends ? Alors je t’ordonne de faire la paix avec Giang. Allez ! Vite !

Voix de Giang
Me Tây ! Con Laï ! Me Tây ! Con Laï !

Hùng
Je ne comprends pas. Qu’est-ce qu’elle marmonne. Dis-moi !

Châu
Tuyêt tu ! Tuyêt tu !

(Hùng se lève d’un bond et se précipite vers la porte. Châu lui emboîte le pas)


Scène 2

Châu, Hùng, Giang, Guérini, Grognet

Giang est recroquevillée devant la porte de la paillote, toujours  gémissante. Hùng et Châu sont debout, devant elle.

Châu
La chienne ! Fait Nam Va ! Pas toucher. Pas toucher. Cà porte malheur.

Hùng (tente de se contenir)
Restons calme. Restons calme. S’il te plaît Giang, lève toi tout de suite !

Châu (prend un bâton pour tenter de la faire fuir)
Dégage sorcière !

Hùng (se retourne vers Châu, en criant)
Arrête ! J’ai dit calmement. Ce n’est pas possible ! Vous voulez ma mort ou quoi ?

(Une dispute éclate entre Hùng et Châu. Giang continue à gémir. Deux gendarmes ayant entendu ces cris s’approchent)

Guérini
Attroupement d’indigènes sur la voie publique. Brigadier au rapport !

Grognet (se met au garde à vous)
A vos ordres chef ! (Il s’avance à hauteur du couple). Vous y en a maintenant arrêter dispute ! Compris ? (Hùng et Châu continuent leur querelle sans faire attention à lui. Le brigadier hausse le ton). Vous plus crier, gendarme français a dit.  Vous y en a pas comprendre français ou quoi ?

Guérini (arrive sur les lieux, se met au garde à vous et fait le salut militaire)
Madame, monsieur, bonjour. Adjudant Antoine Guérini, gendarmerie nationale. Veuillez présenter vos papiers s’il vous plait ! (La dispute s’arrête net. Hùng et Châu se redressent, Giang cesse de gémir. Silence. Guérini tourne lentement autour du trio, suivi pas à pas par le brigadier).

Guérini
Article 1er, décret du 12 février 1920. « Les indigènes, sujets ou protégés français, âgé de 18 ans au moins seront admis à faire la preuve de leur identité lorsqu’ils en seront régulièrement requis par un représentant qualifié de l’autorité publique ».

Hùng
Commandant, ma pièce d’identité est à l’intérieur de la paillote.

Guérini
Deux minutes.

Hùng
Je vous demande pardon?

Guérini
Vous avez deux minutes pour me présenter vos papiers.

(Hùng suivi par Châu se rendent  dans la paillote).

Guérini
Vous êtes nouveau ici brigadier. Je ne sais même pas votre nom ?

Grognet
Richard Grognet, chef.

Guérini
Grognet ! Amusant. En un seul mot j’espère?

Grognet
Oui chef, en un seul mot : Grognet (il épelle)

Guérini
Ca vaut mieux pour vous parce qu’en deux mots… Grognet (il prononce « gros niais »). On a dû vous la faire souvent celle-là, non ? (Il rit). Rassurez vous, Grognet. Ici, vous ne risquez rien ! Les subtilités de la langue française, ce n’est pas leur fort aux indigènes (Il rit). Blague dans le coin. Vous avez vu comment il faut s’y prendre avec eux ?

Grognet
J’ai tout vu chef.

Guérini (d’un air satisfait)
Vous ? Rien. Nenni. Aucune autorité. Moi ? Tout de suite : « A vos ordres commandant ! ». Vous avez remarqué ? Ils m’ont appelé commandant ! Ils sentent tout de suite quand ils ont affaire à un vrai meneur d’hommes, les Annamites. Leçon numéro 1, brigadier : un fonctionnaire de la République française ne doit jamais parler petit nègre aux indigènes. Il faut être simple, correct, mais ferme.  « Vos papiers » ! C’est net, précis, sans bavure.

Grognet
Sans bavure, chef.

Guérini
En Indochine aujourd’hui, brigadier, il y a 34 000 Français pour 22 millions d’indigènes ! Comment croyez vous qu’on les tient ?

Grognet
J’en sais rien chef. Pas par la main en tout cas (Il rit).

Guérini
Non, on ne les tient pas par la main. On les tient par le respect, brigadier ! La force n’est rien sans le respect. C’est comme dans une famille, voyez-vous. Les enfants obéissent à leurs parents, parce qu’ils les respectent. Les indigènes, c’est pareil. N’oubliez pas que nous avons une mission ici. Nous sommes là pour les civiliser (Il insiste sur ce dernier mot). C’est un privilège, mais c’est aussi un devoir, brigadier. Nous devons mériter la  reconnaissance du peuple annamite, en nous montrant toujours dignes de notre race.

Grognet
Dignes de notre race ! Pffff ! Y a pas à dire chef, vous causez bien.

Guérini
On les tient parce qu’on se maintient. Telle est ma devise. Fourrez vous çà dans le crâne, brigadier.

Grognet (dubitatif)
On les tient parce qu’on… (Piqué par un moustique, il se claque le front). Saloperie de moustiques !

Guérini
Brigadier ! De la tenue, je viens de vous dire. Il ne faut jamais perdre la face, dans ce pays. Si vous perdez la face, vous êtes foutu.

Grognet
Oui chef ! La face ! Ouh la, la ! Me démange, ma face !

(Hùng et Châu reviennent. Hùng tend son passeport à Guérini qui l’examine minutieusement)

Guérini
Nguyen van Houng. Tout le monde s’appelle Nguyen dans ce pays. Vous le faites exprès ? Déjà que vous vous ressemblez tous !

Hùng
Si vous me le permettez, commandant, j’aimerais préciser que Nguyen, c’est le patronyme de mes ancêtres. Mon nom de famille, au sens de l’état civil français, est Hùng et pas Houng.

Guérini
Hùng, Houng c’est pareil. Ce qui compte, c’est ce qui est écrit.

Hùng (sur un ton un peu plus véhément)
Vous vous trompez commandant. La langue annamite se chante autant qu’elle se parle. C’est une langue à tons. Il faut respecter les intonations.

Guérini
Oh là, Monsieur Nguyen van Houng, la langue française aussi, c’est une langue à tons. Alors je vous prie de me parler sur un autre ton. Ici, c’est moi qui donne les ordres. Compris ? (Il se tourne vers Châu). Et madame, elle n’a pas de papiers?



Hùng
Non ! Madame n’a pas de papiers. C’est une paysanne, madame. Seuls les gens importants ont des papiers dans ce village.

Guérini
Excusez-moi, monsieur, mais la République française ne fait pas de discriminations entre les riches et les pauvres. Tout le monde doit avoir un état civil, tout le monde doit avoir ses papiers en règle. C’est çà l’égalité républicaine. Vous vous appelez comment madame ?

Châu
Y en a être Châu.

Hùng (en apparté à Châu)
Je t’en prie Châu, n’en rajoute pas.

Guérini (scrute à nouveau le passeport de Hùng).
Vous n’avez pas d’enfant ?

Châu
Oui. Y en a avoir enfant.

Guérini (s’adresse à Hùng)
Vous êtes le père ?

Hùng
Effectivement. Je suis le père, commandant.

Guérini
Alors pourquoi le nom de cet enfant n’est pas mentionné sur votre passeport ?

Hùng
Heu… C’est parce que nous n’avons pas encore choisi son nom.

Grognet
Qu’est-ce que c’est que c’tembrouille ?

Guérini
Votre enfant n’a pas de nom ? Vous vous moquez de nous ?

Hùng
Pas du tout commandant.

Châu
Ici, petit enfant a seulement surnom.

Guérini
Nom, surnom, peu importe. Il s’appelle comment ?

Châu
Cu

Grognet
Cu ?

Châu
Oui. Cu Lùn. Ca veut dire « petit sexe ».

Grognet
Petit sexe ?

Hùng (cherchant à éviter l’incident)
Excusez-là commandant. C’est une paysanne. Elle ne sait pas bien s’exprimer. Nous autres, Annamites, nous avons aussi notre langage familier, exactement comme vous les Français. Ici, les villageois pensent qu’en donnant un surnom un peu ridicule à leur enfant, ils détourneront les mauvais génies de la mort qui rôde autour des berceaux. Cu, c’est un terme populaire pour désigner les garçons, un sobriquet comme on dit en bon français. On pourrait traduire çà, euh… Je ne sais pas moi : « petit zizi » par exemple ! Vous voyez ce que je veux dire commandant ?

Guérini (exaspéré)
Vous appelez votre fils « petit zizi » ? Mais vous vous foutez carrément de nous, vous ?

Grognet (hilare)
Petit zizi ? C’est pas vrai ! J’y crois pas ! « Petit zizi, dis bonjour à la dame ». « Mets pas tes doigts dans ton nez, petit zizi ».

Guérini (en colère)
Brigadier çà suffit ! De la tenue, je vous ai dit. Quant à vous mon gaillard, je vais vous apprendre moi, à vous moquer de la gendarmerie française. Allez ! Je vous embarque pour insulte à agents dans l’exercice de leurs fonctions.

(Il lui passe les menottes et le pousse devant lui. Giang recommence à gémir)

Grognet
Chef. On l’avait oubliée celle-là. Qu’est-ce que j’en fais ?

Guérini
Faut dégager la voie publique, brigadier. Allez. Exécution !

Grognet
A vos ordres chef. (Il sort son revolver et vise le corps de Giang)

Guérini
Mais qu’est ce que vous faites, malheureux ?  

Grognet
Ben… J’exécute chef !

Guérini
Vous avez perdu la tête ou quoi ?

Grognet (se tâte le crâne)
Ben, je crois pas chef.

Guérini
Mais bon dieu ! Rangez moi cet engin. (Il s’éloigne en maugréant). Il est complètement niais ce type là !

Grognet (s’adresse à Châu en désignant Giang avec le menton)
Qu’est ce qu’elle a ta copine ?

Châu
Fait Nam Va !

Grognet
Elle fait quoi ?

Châu
Nam Va. Femme jalouse jette mauvais sort. Reste là sans bouger, avec
du sang de poulet sur figure. Faut pas toucher, sinon malheur.

Grognet
Alors comment je fais moi pour la dégager la folle dingue ? J’appelle la fourrière ?

Châu (lui tend un flacon)
Fourmis rouges, bon pour sorcière !

(Le brigadier verse le flacon sur Giang. Elle se relève en hurlant et s’enfuit).

Châu
Merci commandant ! (Elle fait le salut militaire. Le brigadier s’en va, Chaû reste seule. Satisfaite, elle fredonne un chant traditionnel en vietnamien).

« Je dois suivre mon mari, qu’importe la mort ou la vie,
Le ciel est haut et la mer est immense.
Je dois remplir mes devoirs de femme à l’égard de mon mari.
Nous avons juré avec le jade et prêté serment avec l’or ». (Traduction française).

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