Histoire de l'immigration en France

Depuis deux siècles, l’immigration a contribué de manière décisive à façonner la France dans laquelle nous vivons aujourd’hui. C’est grâce aux immigrants que la population française a continué de croître au XXe siècle. Ils ont aussi joué un rôle essentiel dans le développement économique, social et culturel du pays.
Cette exposition rend hommage aux millions d’hommes et de femmes qui ont participé à cette histoire collective. Mais elle veut aussi rappeler que l’immigration est un enjeu de luttes entre ceux qui cultivent la méfiance, voire même le rejet des étrangers, et ceux qui défendent la solidarité comme la première valeur de la République française.

L’exposition « Histoire de l’immigration » est en vente auprès du CNLRQ, pour plus d'information prendre contact à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


• Elle se compose de 12 panneaux de taille 120 * 180 cm.
• Impression sur textile polyester ignifugé avec encre éco-solvant. Excellente planéité.
• Fixation facilitée par les œillets situés aux angles supérieurs. Barre de lestage.
• Livraison sous 10 jours ouvrés.

 

Description des panneaux:

 

Panneau 1

Un phénomène mondial aussi vieux que l’humanité

  •  Texte principal

Dès les débuts de l’humanité, les migrations ont joué un rôle essentiel dans la diffusion des techniques, des religions et des cultures. Elles ont été le facteur fondamental qui a permis le développement des contacts entre les hommes, le brassage des peuples et les métissages.

Le peuplement de la France actuelle est le résultat d’une multitude de mouvements migratoires qui ont commencé dès l’Antiquité. A partir du XVe siècle, les Européens, forts de leur supériorité technique, partent à la conquête des autres continents. Cette première phase de la colonisation est marquée par la mise en esclavage de la population africaine et la traite des Noirs. Pays le plus peuplé d’Europe, la France est alors un pays d’émigration. Des milliers de colons français s’installent au Québec, en Louisiane, dans les Caraïbes. Des comptoirs français se créent sur les rives de tous les autres continents.

Au XIXe siècle, la révolution industrielle marque le début d’une nouvelle phase dans l’histoire des migrations. L’empire français s’étend en Afrique, en Asie et en Océanie. Alors que les autres grands pays européens, notamment l’Allemagne et l’Italie, sont touchés par une émigration massive, en France la population stagne, les flux migratoires s’inversent. Dès cette époque, la France devient un pays d’immigration.

  • Encadré : définitions

Etranger

Dans le vocabulaire usuel le mot « étranger » désigne celui que l’on ne connaît pas, par opposition à « familier ». Mais le terme a aussi un sens juridique. Il désigne tous ceux qui ne possèdent pas la nationalité française.

Emigré/immigré

Pendant longtemps le mot « immigré » a désigné l’individu venu d’un autre pays pour vivre et travailler en France. Le terme « émigré » désigne à l’inverse, celui qui quitte son pays pour aller vivre ailleurs. Aujourd’hui, dans le langage administratif, on appelle « immigré » tout individu habitant en France, mais qui n’y est pas né. L’accent est donc mis ici sur le déplacement d’un pays dans un autre et non pas sur la nationalité. Dans ce sens, un immigré n’est pas forcément un étranger et réciproquement.

 

Panneau 2

 La France est un vieux pays d’immigration

  •  Texte principal

L’immigration n’est pas un fait nouveau en France. A partir de la fin du XIXe siècle, c’est principalement grâce aux immigrants que la population française a augmenté et que la France est restée dans le peloton de tête des pays industrialisés. En 1930, la France devient même le premier pays du monde pour le taux d’immigration, dépassant les Etats-Unis. Ce sont ces vagues successives d’immigration qui ont permis de façonner le visage de la France d’aujourd’hui.

  • Graphique 1

L’évolution de la population étrangère depuis le XIXe siècle

Alors qu’on ne comptait que 500 000 étrangers au recensement de 1851, ce chiffre double dans les décennies suivantes, pour dépasser les trois millions en 1930. On observe une nouvelle progression au cours des « Trente Glorieuses » (1945-1975). Chaque phase de recrutement massif d’immigrants a été suivie d’une période de stagnation, correspondant à des moments de crise économique. La part des étrangers dans la population totale a fortement diminué depuis le début des années 1980 : 6,8% en 1982, contre 5,6% aujourd’hui. (6,6% en 1931).

  •  Graphique 2

Les principales nationalités présentes en France au XXe siècle

En 1901, la plupart des immigrants viennent des pays frontaliers : Italie, Belgique, Espagne surtout. Trente ans plus tard, on constate un élargissement des recrutements en direction de l’Est de l’Europe, illustré par la forte présence des Polonais, recrutés par familles entières pour travailler dans les mines du Nord. Après la Seconde Guerre mondiale, les entreprises se tournent de plus en plus massivement vers les pays issus de l’ancien empire colonial, notamment l’Algérie et le Maroc.

 

Panneau 3

  • Texte principal

En 2007, la France comptait 3,7 millions d'étrangers, soit (5,8% de la population totale) et 5,2 millions d’immigrés, ((8,3% de la population). Le durcissement constant de la politique d’immigration depuis le début des années 1980 a eu pour effet de réduire leur nombre depuis les années 1980. Alors que la France avait été, tout au long du XXe siècle, l’un des principaux pays d’immigration en Europe, elle n’arrive aujourd’hui qu’au 12e rang européen et l’on compte deux fois plus d’étrangers en Allemagne.

Les anciennes vagues migratoires tendent à se fondre dans la population française, au profit notamment des immigrants venus du Portugal, d’Algérie et du Maroc. Comme l’a maintes fois souligné le sociologue Abdelmalek Sayad l’immigré est recruté avant tout pour sa force de travail. Jusqu’à une période récente, c’était surtout des hommes qui quittaient leur pays pour chercher du travail à l’étranger. Les femmes (et éventuellement les enfants) arrivant dans un deuxième temps. La féminisation d’une communauté d’immigrants était donc un indice de son enracinement. Aujourd’hui « le travailleur immigré » est de plus en plus souvent une travailleuse 

  • Commentaire graphique

La répartition par nationalités indique un recul des anciennes vagues migratoires au profit des vagues plus récentes : communautés des Espagnols (3,5% du total) ou des Italiens (4,7%),

Portugais (13,2%), Algériens (12,7%), Marocains (11,9%). A noter que les Portugais (490 000 personnes en 2008) constituent toujours la première communauté étrangère en France.

  • Commentaire pyramide des âges

Cette pyramide montre que la proportion des actifs (25-54 ans) est plus forte dans la population étrangère, alors que la proportion de personnes âgées est plus faible.

 

Panneau 4

Partir, revenir, rester

  • Texte principal

La grande majorité des immigrants partent avec l’espoir de revenir un jour dans leur pays de naissance. Seule une petite minorité des étrangers qui sont venus travailler en France depuis la fin du XIXe siècle y sont restés.

L’espoir du retour découle de la déchirure que constitue le fait de quitter son pays natal. Deux grandes raisons incitent les immigrants à émigrer. La principale est d’ordre économique. L’immigration est le plus souvent une conséquence de la domination des pays riches sur les pays pauvres. La misère, le chômage, poussent les migrants à chercher du travail ailleurs. Souvent, l’émigration se fait d’abord à l’intérieur du pays d’origine : du village vers la ville. C’est seulement dans un deuxième temps que l’émigrant se résout à partir vers l’inconnu.

La deuxième raison est d’ordre politique. La Convention de Genève adoptée par l’ONU en 1951 a défini le droit d’asile comme un droit imprescriptible des êtres humains. Les pays démocratiques accordent l’asile aux individus persécutés en raison de leur race, de leur religion, ou de leur opinion politique.

  • Commentaire du tableau

La fermeture des frontières a considérablement réduit le nombre des immigrants accueillis en France pour des raisons économiques (à peine 15%). La part des réfugiés politiques est très faible (moins de 4%). La majorité des étrangers accueillis en France aujourd’hui obtiennent un droit de séjour en vertu des dispositions relatives au regroupement familial. Les femmes et les enfants retrouvant le mari ou le père travaillant en France.

 

Panneau 5

Travailleurs

  • Texte principal

L’immigration est la solution qu’ont inventé les pays industrialisés pour répondre aux besoins de leur marché du travail. Depuis le XIXe siècle, une partie importante des étrangers ont été recrutés dans l’agriculture, secteur où la main d’œuvre est souvent saisonnière, les salaires particulièrement bas, les conditions de travail pénibles et les droits sociaux fréquemment bafoués. Les autres branches qui ont toujours eu fortement recours à l’immigration sont la petite industrie textile (habillement, couture) et surtout le bâtiment et les travaux publics.

L’immigration a aussi alimenté les activités intermédiaires comme le petit commerce et l’artisanat. Les réfugiés politiques, bien souvent issus des classes moyennes, sont généralement plus nombreux dans les professions artistiques et intellectuelles.

Jusque dans les années 1980, les flux principaux d’immigration se dirigeaient vers la sidérurgie, la chimie et surtout les mines. La crise économique, mais aussi la mécanisation des tâches manuelles, ont réduit fortement les recrutements dans ces professions. En revanche, les étrangers restent nombreux dans les activités industrielles où domine le travail à la chaîne, que ce soit l’automobile ou les constructions mécaniques. Dans la période récente, on note un déplacement vers le secteur tertiaire et les emplois de service, notamment dans la restauration et l’hôtellerie.

L’immigration a alimenté aussi les activités intermédiaires comme le petit commerce et l’artisanat. Les réfugiés politiques issus des classes moyennes sont généralement plus nombreux dans les professions artistiques et intellectuelles.

En 2010, près d’une femme étrangère sur deux est salariée ; contre une sur quatre en 1931.

  •  Commentaire des 3 tableaux

La comparaison de ces tableaux montre que la situation professionnelle des étrangers ne s’est pas améliorée au cours du temps. La grande majorité d’entre eux sont ouvriers et sont les premières victimes du chômage.

 

Panneau 6

Les espaces de l’immigration

  • Texte principal

Voués aux métiers les plus difficiles, les immigrés sont aussi confrontés au problème du logement. La logique capitaliste impose en effet des déplacements brutaux. Lorsque la conjoncture est bonne, ils sont recrutés en masse. Mais comme, le plus souvent, rien n’est prévu pour les recevoir, ils vivent pendant de longues années dans des habitats précaires. Dans l’entre-deux-guerres, une multitude de baraquements ceinturent la capitale. Dans les régions d’industrie lourde, comme le Nord ou la Lorraine, les patrons construisent des cités ouvrières qui marquent encore aujourd’hui le paysage, bien que les usines soient fermées.

Dans les années 1950-60, l’afflux de nouveaux immigrants multiplie les formes d’habitat précaire : foyers pour « célibataires », chambres meublées sans confort au loyer exorbitant. Mais c’est le développement des bidonvilles, autour des grandes villes, qui frappe l’opinion. Leur suppression donne naissance aux cités de transit et aux grands ensembles, déplaçant le problème du logement sans le résoudre. Même si l’on ne peut pas parler en France de « ghetto » au sens américain du terme, force est de constater que la crise économique a créé des zones de relégation pour des populations sans ressources, abandonnées par les pouvoirs publics.

  • Commentaire de la carte sur la localisation des bidonvilles

Les bidonvilles qui apparaissent en France après 1945 concernent toutes les grandes agglomérations et s’installent non loin des grands chantiers industriels ou des usines. Dans la région parisienne, à Nanterre ou Champigny, ils prennent des proportions considérables et dépassent les 10 000 habitants. À la fin des années 1960, ces habitats concernent environ 100 000 personnes. Une politique de destruction est d’abord entreprise sous l’influence de la SONACOTRA (Société nationale de construction de logements pour les travailleurs algériens), créée en 1956, et les derniers grands bidonvilles ne sont démantelés qu’au début des années 1970.

 

Panneau 7

 Les étrangers face à l’Etat

  • Texte principal

En France, jusqu’à la fin des années 1880, les étrangers pouvaient entrer et sortir du pays sans contrôle. La loi sur la nationalité votée en 1889 fixe très précisément les critères permettant de distinguer le Français et l’étranger.

Les étrangers n’ont pas les mêmes droits que les nationaux. Ils doivent obtenir un « droit au séjour » pour vivre et travailler en France. Lorsque ce droit leur est êtrerefusé, ils sont sommés de quitter le territoire national et sont expulsés. Les étrangers ayant obtenu une carte de séjour n’ont pas le droit de vote, certaines professions leur sont interdites, leurs droits sociaux sont initialement limités.

Pour mettre en application ces lois, l’Etat français a inventé des techniques d’identification. A partir de 1888, les travailleurs étrangers sont obligés d’être enregistré et immatriculé dans la commune où ils travaillent. La carte d’identité spéciale pour les étrangers est instaurée en 1917. Imposée en temps de guerre aux travailleurs coloniaux et aux travailleurs étrangers recrutés dans les usines, cette carte est maintenue par la suite et se généralise à tous les étrangers présents sur le territoire. Transformée en carte de séjour en 1945, elle devient le principal outil de régulation des flux migratoires

Placées sous le contrôle de la police, les techniques d’identification se perfectionnent sans cesse tout au long du XXe siècle : après la photographie d’identité et les empreintes digitales, les fichiers d’étrangers comportent aujourd’hui des données biométriques.

  •  Encadré

Identifier les “nomades” et les étrangers

Les techniques anthropométriques inventées dès la fin du XIXe / 19e siècle pour identifier les criminels ont été très vite exploitées pour rechercher les étrangers interdits de séjour et pour faciliter leur expulsion. Un seuil est franchi avec l’identification des “nomades”, visés en 1912 par un carnet anthropométrique. Cette catégorie a permis de contrôler et d’isoler les populations Tsiganes frappées par toute une série de mesures discriminatoires. B et pour contrôler les déplacements des « nomades », bien qu’une partie d’entre eux soient français, les autorités républicaines considèrent leur mode de vie comme « suspect » et les désignent comme une menace. Le fait de ne pas avoir de domicile fixe a toujours été considéré comme « suspect » par les autorités républicaines. L’identification des “nomades” a ainsi servi de laboratoire au contrôle généralisé de l’immigration et à la création d’une police administrative spécialisée dans l’enregistrement et la surveillance des étrangers.

 

Panneau 8

Les camps

L’enfermement des étrangers

  • Texte principal

Les étrangers qui n’ont pas obtenu un droit de séjour, (ou qui en ont été privé),) peuvent être internés dans des lieux de détention.

Ils sont frappés par une mesure administrative qui conduit à leur enfermement, au même titre que les criminels condamnés. Dès le début du XIXe siècle, les réfugiés polonais qui demandaient l’asile à la France ont été regroupés dans des camps militaires ouverts près de la frontière. En 1914, les immigrés originaires des pays en guerre contre la France sont internés dans des centres dénommés alors par les autorités « camps de concentration ». Cette pratique ne suscite alors aucune critique.».

A partir des années 1930, les étrangers considérés comme suspects et jugés « indésirables » sont eux aussi victimes de ces mesures d’internement. Certains d’entre eux, ne peuvent pas être expulsés parce qu’ils n’ont plus de pays d’origine – ils sont alors apatrides - ou sont rejetés par leur pays d’origine, comme c’est le cas des réfugiés politiques. Répartis dans toute la France, des dizaines de camps regroupent ainsi des dizaines de milliers d’étrangers, et aussi des Tsiganes assimilés à cette catégorie. Avant 1940, des camps sont aussi ouverts pour les Républicains espagnols qui fuient la dictature : plus de 400.000 Espagnols, militaires et civils, sont ainsi internés dans des camps, essentiellement dans le Sud de la France. Cette politique témoigne alors des tensions qui traversent la République et de l’hostilité croissante des autorités à l’égard des étrangers.

  •  Encadré

Les centres de rétention

Les centres de rétention administrative ont été créés officiellement en 1981. Cette création fait suite à la découverte, à Marseille en 1975, de la prison clandestine d’Arenc, contrôlée par la police, où étaient détenus des travailleurs immigrés en instance d’expulsion. Depuis 1964, la police y exerçait son autorité sans aucun contrôle judiciaire, sur la base d’un règlement de police de 1938 qui autorisait l’internement des étrangers sans-papiers. Avec le durcissement récent des mesures de contrôle aux frontières de l’espace européen, les centres de rétention se sont multipliés, essentiellement en France et en Grande-Bretagne. L’existence de ces espaces reste contesté par de multiples associations qui dénoncent leur statut plus ou moins légal et les conditions de vie des étrangers en attente d’expulsion.

 

Panneau 9

 La haine de l’autre

  •  Texte principal

Depuis le XIXe siècle, les immigrants ont souvent été confrontés aux réflexes d’intolérance de la part des Français. Perçus comme des « étrangers », en raison de leur langue, de leur nationalité, de leur religion ou de leur origine, ils ont été parfois victimes d’agressions physiques. Les plus graves se sont produites à Aigues-Mortes en 1893 contre les Italiens et à Marseille au cours de l’été 1973 contre les Algériens. La haine des autres s’exprime aussi par les insultes et les discours racistes. Elle est souvent exploitée par les partis d’extrême droite, surtout pendant les périodes de crise économique. Les immigrants sont alors dénoncés comme étant les responsables des malheurs des Français. Ces préjugés sont alimentés par les stéréotypes véhiculés par les médias, présentant les étrangers sous un jour négatif : espions, criminels, terroristes, etc.

On les soupçonne de menacer la nation comme espions, criminels ou terroristes, ou de contribuer à la dégradation de la société en mettant en avant la saleté ou l’odeur, une natalité excessive ou des pratiques religieuses jugées incompatible avec les valeurs françaises.

  • Commentaire du tableau 1

Sondage réalisé par l’INED en 1974 sur la question des « mariages mixtes »

Les mariages entre Français et étrangers ont toujours été mal vus par une partie de l’opinion française. A partir des années 1950, la méfiance se déplace vers les immigrants issus de l’ancien empire colonial.

Définition

Le mot « racisme » désigne aujourd’hui toutes les formes de discrimination visant ceux qui sont perçus comme des « étrangers », en raison de leur nationalité, de leur religion ou de leur origine. Dans le passé, on utilisait surtout le mot « racisme » pour désigner le rejet des populations issues de l’empire colonial. Le terme « antisémitisme » était utilisé pour nommer la haine des Juifs et « xénophobie » pour le rejet des immigrants issus des pays voisins de la France.

Illustrations proposées

Gravure sur le massacre des Italiens à Aigues-Mortes (1893)

Police : chasse au faciés dans un bal des années 1930

Tract du Front National diffusé au début des années 1980

Dessin humoristique sur Brice Hortefeux paru sur le site « Sarkostique » (2009)

 

Panneau 10

 Vivre ensemble : première, deuxième, troisième génération…

  •  Texte principal

L’une des dimensions essentielles de l’immigration est l’apprentissage du « vivre ensemble ». L’intégration au sein de la communauté nationale se fait par des moyens multiples. L’étranger vivant en France depuis plusieurs années peut demander sa naturalisation. Mais la majorité des immigrants sont devenus français soit parce qu’ils ont épousé un ou une Française mais surtout (et c’est le cas le plus fréquent) parce qu’ils sont nés en France de parents étrangers : ils deviennent ainsi français à leur majorité.

A partir des années 1980, les polémiques sur les « problèmes d’immigration » se déplacent vers les enfants d’immigrants qu’on appelle la « deuxième génération ». Français, et enfants d’ouvriers pour la plupart, beaucoup d’entre eux subissent la crise de plein fouet et sont confrontés à de multiples formes de discriminations. Beaucoup d’enfants d’immigrants connaissent néanmoins des parcours rapides d’ascension sociale.

Le « vivre ensemble » se construit le plus souvent au jour le jour. Habiter dans le même quartier, fréquenter la même école, travailler dans la même entreprise, partager les mêmes loisirs crée des liens qui effacent les différences, facilitent les échanges et le respect de l’autre.

La solidarité entre les diverses composantes du peuple français se construit aussi dans les luttes communes. Les périodes majeures dans le processus d’intégration des immigrants ont été des périodes de grands combats politiques, que ce soit sous le Front Populaire ou dans les années qui ont suivi les événements de Mai 68.

Panneau 11

Les apports de l’immigration

  • Texte principal

L’immigration a joué un rôle majeur dans l’histoire et le développement de la société française. Sur le plan démographique, cet apport a permis de compenser la crise de la natalité et l’hécatombe de la Première Guerre mondiale.

Les immigrants ont apporté une contribution essentielle au développement économique du pays. En 1930, la France est le premier producteur mondial de fer. Tous les mineurs de fond sont étrangers. 90 % des autoroutes que nous empruntons aujourd’hui ont été (et sont toujours) construites et entretenues par de la main-d’œuvre étrangère. Plus de la moitié des médecins hospitaliers dans les banlieues sont étrangers ou d’origine étrangère. Pas moins de 42 % des travailleurs des entreprises de nettoyage sont des immigrés. Plus de 60 % des ateliers de mécanique automobile de Paris et de la région parisienne appartiennent à des mécaniciens et petits entrepreneurs d’origine étrangère

L’immigration est aussi une très bonne affaire pour l’économie française : ils reçoivent de l’Etat 47,9 milliards d’euros, mais ils reversent 60,3 milliards. D’où un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques.

Les apports de l’immigration concernent également le domaine de la culture et des sports. Une grande majorité des footballeurs de haut niveau sont issus de l’immigration, de même que les artistes qui peuplent « le Top 50 » de la chanson populaire.

L’immigration a fortement contribué aussi à l’enrichissement de la culture populaire, dans ses manifestations les plus quotidiennes, que ce soit dans le domaine de la cuisine, de la danse, de la musique et des autres loisirs.